12 avril 2008
Extraits Recueil "Deux mots..." de Pierre PLATROZ
Le ciel a replié son tapis de nuage ;
Aguicheuse, la mer chahute le rivage.
Le ciel s’est maquillé couleurs soleil couchant ;
La vague sur le roc s’ébat en clapotant.
Le ciel nous a drapés dans son manteau de nuit ;
Chromatisme des flots lorsque la lune luit.
Et tous deux nous restons l’un à l’autre amarrés
Tels des récifs énamourés.
Fébrilité des sentiments
Sur l’autel du désir.
Nos yeux se sont lapés
Nos corps se sont goûtés
Et la source était miel
Et le sous-bois Eden.
Le silence était feu.
Un soleil a jailli
Qui nous a transpercé.
Par cet éclat de vivre
Nous avons brisé
Le miroir de l’éphémère.
Pierre PLATROZ
Le Salon des Poètes de Lyon
1er Prix Mignardises 2006
Poèmes extraits Recueil « Deux mots… »
Dans ma zone ...de Pierre PLATROZ
Dans ma zone…
Dans ma zone, avant, bien avant le certif,
Tout chétif, déjà actif, j’ voulais jouer au chérif
Sur un cheval de bois j’ me tirais au galop
Ca trottait sérieux au fond de mon ciboulot.
Je portais l’étoile au versre de ma veste (revers)
J’étais le plus fort, je voulais pas rester en reste.
Je faisais ma loi dans les caves du quartier
Et pour tous les caves j’avais pas de pitié.
Face à mes frelots je suis devenu un dur
Fallait pas m’chercher on m’ trouvait c’est sur
Fallait pas non plus me raconter d’histoires
Qu’ils soient noirs ou blancs je matais les loubards.
Dans tous les certcons je pointais mon blaze (concerts)
Et les intellos fallait pas qu’ils me rasent
Sinon je dégainais mon flingue illico
Et sur la moquette je les mettais k.o.
Ca me faisait kiffer de voir ces barjots
S’ défoncer le soir draguant des cageots.
Avec les condés je suis devenu craintif
Et dans la cité on me riait au pif.
De jouer le matcho un jour j’ai eu marre, marre
D’être traité de bâtard d’être appelé conard
Même les moutards sur le trottoir disaient va te faire voir
Tu nous pompes grave avec tes histoires
T as rien dans le bénouze tu n’es qu’une lavette
Ravales ta salive remballes tes claquettes.
Tu nous casses les burnes, tu t’es vu mon pote
Avec ta tronche de cake à bouffer de la compote.
Et les meufs me fuyaient j’en avais plus une
Fallait dire aussi que j’avais plus de tune.
J’étais plat comme un billard noir comme un corbillard.
Je me retrouvais seul, seul, à chacun de mes rancards.
Alors je me suis dit faut que je change de planète
Que je devienne chanteur ou peintre ou poète
Enfin un de ces machins ou ça boulonne dans le cerveau
Pour bâtir des soleils quand c’est qu’il fait pas beau
Et faire pousser des fleurs partout où c’est la déche
Offrir des arcs en ciel à ceux qu’on pas la pêche
Déplacer des montagnes rien qu’en soufflant dessus
Et croire, croire encore un peu, bien que l’on se croie foutu.
Pierre PLATROZ
1er Prix Adultes
Slam à Brignais
Octobre 2007